Janet Frame : Un ange à ma table – An angel at my table

 

L’autobiographie de Janet Frame (1924-2004) est très intéressante au vu de nombreux aspects. Pourquoi? Car l’héroïne de l’histoire ne nous renseigne pas directement sur son goût pour l’écriture. D’abord, la dimension spatio-temporelle est essentielle. Enfant, Janet Frame passe tout son temps en Nouvelle-Zélande. C’est un lieu qui lui appartient, dans lequel elle se sent libre. D’ailleurs, le premier volume de son autobiographie s’intitule « To the Island » « Vers l’île » sa Nouvelle-Zélande à elle. 

Janet est élevée dans un milieu conservateur  attaché à la tenue et à l’exemplarité. Dans sa famille, on ne parle pas de sexualité. De la sexualité en tant que telle ou d’allusions. Le rouge à lèvres est proscrit et on ne doit dire « fuck » « baiser »

L’héroïne est présentée comme introvertie, cependant, elle est indépendante. Elle fait souvent exprès de braver les interdits afin de briser les tabous. De là se dégage toute l’indépendance d’esprit du personnage en même temps que sa modernité.

A son adolescence, Janet et faussement diagnostiquée schizophrène à la suite de sautes d’humeurs dûes à la mort de ses deux soeurs par noyade quelques années plus tôt. S’en suit alors tout un épisode à l’hôpital psychiatrique où les infirmières sont représentées comme l’incarnation du mal. Pourtant, Janet parvient à tourner la situation en dérision et rend la situation plus légère. Elle appelle l’hôpital psychiatrique « un asile de fou » … Plus tard, dans le deuxième volume, elle fait la connaissance de Frank Ferguson, un écrivain qui cerne son potentiel.

C’est donc dans un endroit sombre où tout semble perdu, qu’elle découvre le plaisir d’écrire et ce lien d’amitié avec Frank Ferguson lui permet de voir ses horizons s’ouvrir peu à peu. 

Dans le troisième volume, elle part quelques temps en Europe faire un voyage initiatique. A Londres, à Paris et à Ibiza. Là encore, la dimension spatio-temporelle apparaît. Après avoir été perdue à Londres à son arrivée, elle va à Paris et rencontre des gens de qui elle saura s’entourer à plus ou moins long terme. L’endroit où elle se sentira le plus à l’aise sera à Ibiza. Les femmes qui l’accueillent l’appellent Janeta. L’Europe apparaît comme un continent chaleureux et coloré. Janet s’ouvre au monde et s’en réjouit.

La Nouvelle Zélande et l’Europe sont donc deux endroits du monde aux antipodes. Le pays natal de Janet Frame rime avec les mauvais souvenirs : les interdits infligés par sa famille, son internement injustifié en hôpital psychiatrique ainsi que la mort de ses deux soeurs. L’Europe, quant à elle ouvre les champs du possible et redonne espoir. 

Une partie du troisième volume prend des airs de comédie romantique bien sympathique et placée sous le signe du cliché, comme souvent! L’amour sur la plage, sous la chaleur agréable du soleil, sentiment de vie nouvelle…

Janet reprend finalement la route de la Nouvelle-Zélande à l’annonce de la mort de son père. En rentrant, elle apprend qu’elle est déjà connue comme écrivain.

L’autobiographie de Janet Frame (1924-2004) Un ange à ma table marque les esprits. Malgré les événements tragiques cités dans le roman, l’humour est toujours là pour compenser. C’est pourquoi ce roman est vivant et dynamique. Le lecteur s’attache vite à Janet qui connaît de nombreux moments difficiles et se réjouit pour elle quand les choses s’arrangent! Un ange à ma table à fait l’objet d’une adaptation cinématographique, Un ange à ma table, réalisé par Jane Campion en 1990. Je vous recommande vivement ce livre que vous aurez du mal à lâcher!

 

 

Janet Frame’s autobiography is very interesting regarding many aspects. Why? because the story heroin doesn’t inform us about her taste for writing. First, the time and space notion is essential. As a child, she spends her whole time in New-Zealand. It’s a place that belongs to her, a place where she feels free. Besides, the title of the first volume is « To The Is-Land ».

Jane is raised in a conservative background, attached to flair and exemplarity. In her family, they don’t talk about sexuality as such or about allusions. Lipstick is forbidden and they don’t say « fuck.

The heroin is presented as introverted, however, she is independent. She often does brake taboos on purpose and so, all her modernity comes out. 

In her teen-days, Janet is wrongly diagnosised after ups-and downs due to the death of her two sisters, a few years before. After that comes a whole episode at the psychiatric hospital where the nurses as the evil’s incarnation. Yet, Janet manages to make fun of situations and it makes things easier to bear. She calls the psychiatric hospital « an asylum of loonies ». Later on, in the second volume, she is introduced to Frank, a writer who spots her potential.

So, in this place where everything seems to be lost that she discovers the pleasure to write and this friendship link with Frank enables her to see horizons opening little by little. 

In the third volume, she goes to Europe for some time to do an initiatory trip. To London, to Paris, to Ibiza. Here again, the space and time notion comes out. After having been lost in London after her arrival, she goes to Paris and meets people with whom she will surround herself, for more or less time. The place where she will feel most at ease will be in Ibiza. The women welcoming her call her Janeta; Europe appears as a warmly and colourful continent. Janet opens up to the world and is glad about it. 

Europe and New-Zealand and Europe are the antipodes of each other. The native country of Janet Frame often rings a bell regarding to bad memories : the prohibitions inflicted by her family, her internment at the psychiatric hospital, as well the death of her two sisters. As for Europe, it opens the way to possibilities and gives hope again.

A part of the third volume takes on nice romantic comedies spirit and it is seen as cliché, as it often is! Love on the beach, under the nice heat of sunshine, feeling of new life…

Janet finally returns back to New-Zealand when she leanrs the death of her father. Being home, she already learns that she is famous as a writer.

Janet Frame’s autobiography An Angel at My table is strinking minds. Despite tragic events quoted in the novel, humour is always there to balance. That is why this novel is lively and spirited. The reader becomes attached to Janet who knows oreals and is happy when things get better! An Angel a my table is the object of a filming adaptation by Jane Campion in 1990. I highly recommend you this book that you will be struggling to let go!

 

 

 

 

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2 commentaires sur « Janet Frame : Un ange à ma table – An angel at my table »

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