Le Majordome – The Butler (2013)

1920. Géorgie. Etats-Unis. Cecil Baines est un jeune garçon grandissant dans un champ de coton. Il voit son père mourir devant lui, tué par un esclavagiste.  Recueilli par une grand-mère qui l’initie à la vie d’intérieur, il devient ensuite majordome et vit confortablement. Habitué à la sérénité, sa condition est presque omise :  esclave victime de persécution. Quand il agit pour ses supérieurs, il fait preuve d’un incroyable professionnalisme et ne cherche aucunement à se révolter. Son sérieux est reconnu jusqu’à la Maison Blanche. Cecil Baines voit défiler sept présidents. Il a une femme, Gloria, avec laquelle il a deux enfants nommés Louis et Charlie. Ils sont tous deux impliqués dans la vie politique. Louis est actif socialement et Charlie décède pendant la Guerre du Vietnam.  Louis est en quelque sorte le second personnage du film; militant de la cause noire pendant les droits civiques des années 1960, il est déterminé à faire valoir les droits de la communauté. Selon lui, c’est un combat vital, crucial. On découvre donc deux visions diamétralement opposées. Cecil Baines peine à comprendre les motivations de son fils tandis que Louis n’admet pas la position placide de son père face à tant d’agitation et de révolte dans le pays.

Dans ce film, Lee Daniels dénonce le racisme avec justesse et engagement. La suprématie blanche, même au sein des plus hautes autorités de l’état est impitoyable. A cette époque, la reconnaissance des conditions de vies des noirs en tant que citoyens est loin d’être acquise. Au sein de la Maison Blanche, les domestiques sont noirs, ils créent leur communauté « inférieure » aux yeux des décisionnaires de l’Etat. C’est la notion du « upstairs/downstairs. « au dessus/ en dessous » pour signifier que les domestiques, noirs qui plus est, n’ont pas le droit à la parole. Entre eux, ils sont très soudés et évoquent parfois la situation politique de leur pays, en l’absence de la hiérarchie. On les voit sympathiser, rire. Pour se rapprocher de l’Histoire avec la plus grande fidélité, Lee Daniels décide de revenir sur les émeutes de Birmingham en Alabama, sur les sit-in* qui se transforment en symbole de combat pour la victoire. Un film juste, émouvant, engagé. Forest Whitaker nous offre une interprétation exceptionnelle pour retracer l’histoire d’un homme qui nous montre à travers son expérience le chemin vers le changement.

Un film de Lee Daniels au casting à la hauteur pour un film d’envergure : Forest Whitaker, Oprah Winfrey, John Cusack, Robin Williams, Jane Fonda, David Oyewolo, Lenny Kravitz, Mariah Carey, Terrence Howard…

Un très bon film historique!

sit-in : fait d’occuper un endroit de manière pacifique lors d’une contestation

 

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En cloque mode d’emploi – Knocked up (2007)

Histoire de se marrer un peu! En cloque mode d’emploi, ce n’est que de la déconnade. D’un côté, il y a Ben. Un jeune homme déjanté qui approche de la trentaine et qui passe ses journées et soirées entre l’alcool et les amis. Il ne fait pas grand chose. De l’autre, il y a Alison, une jolie blonde présentatrice télé, dynamique et talentueuse. Ils n’ont rien en commun et pourtant, une soirée en boîte change tout. Ben est en compagnie de ses amis et Alison est accompagnée de Debbie. Éméchés, dans l’euphorie, Ben et Alison font l’amour un soir sans penser aux conséquences. Alison se retrouve enceinte…

Bien entendu, ce film n’est pas fait pour philosopher. Vous passerez la plupart de votre temps à rigoler. Ben est un grand ado qui profite de la vie sans se prendre la tête et qui ne mesure pas la responsabilité d’être père. Alison, de son côté, aborde la question avec maturité. En cloque mode d’emploi est un film aux airs de Very Bad Trip, (fous rires exigés) qui traite aussi de la vie avec ses questions, ses hauts, ses bas. Vous apprécierez de voir ce film avec vos potes et vos pop corns! 

Just to laugh a bit! Knocked up is just about kidding around! On one side, there is Ben. A mad guy who is close to his thirties and who spends his days and nights between alcohol. He does not do much. On the other, there is Alison a pretty blond, a tv presenter, energetic and talented.  They do not have anything in common and yet, a night in a club changes everything. Ben is in company of his friends and Alison is accompanied by Debbie. Tipsy, in euphoria, Ben and Alison make love for a night without thinking of the consequences. Alison ends up pregnant…

Of course, this film is not made to philosophy. You will spend of your time laughing. Ben is a big teenager who enjoys life without going to too much trouble and who does not measure the responsability of being a father. Alison, as far as she is concerned comes up to the question with maturity. Knocked up is a film with a Very Bad Trip likeness (bursts of laughter required) that also deals with life with its questions, its up and downs. You will like to see this film with your mates and your pop corns!

 

 

 

James Joyce : Le portrait de l’artiste en jeune homme – A portrait of the artist as a young man

James Joyce (1882-1941) est né à Dublin dans une famille de onze enfants. Elevé dans le catholicisme, il entre en 1888 chez les jésuites au Clongowes Wood College pour y démarrer ses études. A son grand regret, il se voit contraint d’abandonner son cursus à cause de difficultés financières dans sa famille. Il découvre ensuite une passion pour la littérature et se décide à écrire. La littérature l’éloigne de la religion qu’il juge trop stricte. Cette distanciation avec la religion provoque de vives réactions dans sa famille, à l’époque où la foi est un concept important en Irlande. Pourtant, James Joyce reste fidèle à son opinion et s’évade grâce à la littérature et les langues. 

Le portrait de l’artiste en jeune homme traite justement de religion, de l’importance de cette dernière tout en évoquant ses conséquences sur l’être humain. Ce roman est d’inspiration autobiographique. 

Quel livre magnifique! Il met en scène la vie de Stephen Dedalus, un jeune enfant introverti, en retrait par rapport aux autres. A l’école primaire, il est le souffre douleur et est accusé d’avoir commis des actes alors qu’il est innocent. Il est replié sur lui même du fait de son éducation. Ce n’est pas un garçon qui s’intéresse aux filles et qui converse sur les sujets liés à son âge.

La religion pèse un poids considérable sur Stephen. Dans sa famille, la question du sexe est taboue. Même si Stephen est habitué à ne pas évoquer le sujet, il ne peut évidemment pas éviter d’y penser. Après tout, penser à la sexualité est un passage normal dans la vie des jeunes garçons et des jeunes filles. A l’école, il observe un jour le dessous des jupes des filles. On observe le personnage dans une binarité : d’un côté, il prend connaissance du fait de désirer et de l’autre, il est constamment dans la retenue. 

Adolescent, il fait l’amour avec une jeune fille avant de se rendre chez le prêtre. Stephen est habité par la culpabilité. Le prêtre s’explique avec « le pécheur » et le jeune homme expose son ressenti. Le prêtre tente ensuite de convaincre son interlocuteur de rejoindre l’ordre et Stephen est confronté à un dilemme. Il est à deux doigts de se laisser convaincre pour finalement s’éloigner de l’Eglise et se consacrer à ses domaines de prédilection : l’Art, les lettres et les langues.

Un roman d’apprentissage sur le rapport à la religion. C’est un roman incontournable! Le contexte historique est également important à une époque où les tentions entre l’Irlande et l’Angleterre sont un sujet d’actualité. L’Irlande est sous domination britannique depuis le 16ème siècle et l’animosité entre les deux nations était déjà visible depuis le fléau de la pomme de terre. En plus des divergences politiques, la différence de religion est un facteur essentiel. Les Catholiques comme James Joyce, étaient favorables à l’indépendance de l’Irlande, tandis que les Protestants souhaitaient rester rattachés à la Grande-Bretagne. A lire également :

Gens de Dublin, Ulysse

.James Joyce (1882-1941) was born in Dublin in a family with eleven children. Raised in catholicism, he joined the Jesuits in 1888 at Clongows Wood College to start his studies. With great regret, he realised he would be compelled to drop off his course because of financial difficulties in his family. Then, he discovered a passion for literature and decided himself to write. Literature drifted him away from religion that he judged as being too strict. This distance provoked lively reactions in his family, at the time when religion was an important concept in Ireland. Hovever, he stayed faithful to his opinion and escaped thanks to literature and languages. The portrait of the artist as a Young man actually deals with it’s importance as well as evoking its consequences on human beings. This novel is from an autobiographical inspiration. 

What a beautiful book! It stages the life of Stephen Dedalus, a young child, introverted in relation to others. In primary school, he is the punch bag and is accused for committing acts whereas he is innocent. He shuts himself away because of his education. He is not a boy who is interested in girls and who talks about subjects of his age. 

Religion carries a considerable weight on Stephen. In his family, the question of sex is taboo. Although Stephen is used not to evoke the subject, he obviously cannot help thinking of it. After all, thinking of sexuality is a normal part in young boys and girls’ lives. At school, he looks down the skirts of the girls. We observe the character in a binarity : on one side, he gets to know what it is to desire and on the other, he is constanly holding himself back.

Being a teenager, he makes love with a girl before he goes to see the priest. Stephen is inhabited by guilt. The priest explains himself with « the sinner » and the young man sets out what he feels.  The priest tries to convince his interlocutor to join the order et Stephen faces a dilemma. He is on the verge of getting convinced to finally drift apart from the Church and consecrate to his fields of predilection : Art, literature and languages.

A bildungsroman on the relation to religion. It’s a not to miss book! The historical context is also important at a time when the tensions between Ireland and England are a topical subject. Ireland was under British domination since the 16th century and the animosity between the two nations was already visible since the potato blight. In addition to political divergences, the different of religion is an essential factor. The Catholics, like James Joyce, were in favour of the independance of Irland, whereas the Protestants wished to remain connected to Great Britain.

Also to read : Dubliners, Ulysses

 

 

 

L’amie prodigieuse – My brilliant friend

C’est une splendide histoire d’amitié que l’on rêverait tous de vivre! Elena et Lila grandissent à Naples dans un quartier modeste à la fin des années 50. Elles ont des personnalités opposées, l’une est impétueuse et déterminée et l’autre est réservée et calme. Elles se rencontrent dans leur enfance, quelque chose les lie, on ne sait pas tellement de quoi il s’agit au départ, mais leur attachement est très fort. Les rêves en commun les habitent, pourtant leur avenir en dira autrement. Lila travaillera dans la cordonnerie de son père avec son frère et Elena continuera ses études grâce au soutien de son institutrice. Malgré leurs trajectoires différentes, le soutien entre les deux amies reste indéfectible.

Un très bon roman que je n’ai pas pu lâcher! Elena Ferrante décrit la vie des deux amies. Leur relation est fusionnelle car Elena ne peut vivre sans prendre exemple sur Lila. Elle est admirative de son amie et la prend comme modèle dans chacune de ses actions. Dans le quartier où elles vivent, tout le monde se connaît donc on suit les petites histoires de voisinage, les commérages des habitants. Entre les belles histoires enfantines, les aventures adolescentes  les questions existentielles, jalousie, compétition, amour et les histoires familiales, on éprouve un vrai plaisir à suivre toutes les péripéties qui agrémentent la vie de Lila et Elena. Par ailleurs, la ville de Naples est dépeinte de façon sombre, tout en étant une ville en ébullition où on est jamais à court de surprises!

L’amie prodigieuse est le premier roman de la saga d’Elena Ferrante, visible dans toutes les librairies! Courez l’acheter ou le lire en bibliothèque! Le second tome s’intitule Le Nouveau Nom et le dernier a pour titre Celle qui fuit et celle qui reste. Elena Ferrante nous plonge avec subtilité dans l’intimité d’un quartier, des personnages ce qui nous rend attaché aux protagonistes et à leur évolution.

It’s a splendid friendship story we would all dream to live! Elena and Lila grow up in Naples in a modest neighbourhood at the end of the 50’s. They have opposite personalities, one is impetuous and the other one is reserved and calm. They meet in their childhood, something bounds them, we do not really know what it is about at the beginning but their attachment is very strong. They are inhabited by common dreams, however, their future will tell otherwise. Lila will be working in her father’s shoe repair shop with her brother and Elena will be going on with her studies thanks to the support of her school mistress. Despite their different ways, the support betwen the two friends stays unswerving.

A very good novel  I could not let go off! Elena Ferrante describes the two friends’ life. Their relationship is passionned because Elena cannot live without looking up to Lila. She admires her friend and takes her as a model in each of her actions. In the neighbourhood where they live, everyone knows everyone so we follow the little neighbour stories, gossip of the inhabitants. Between beautiful childish stories, teenage adventures, existential questions, jaleousy, competition, love and family stories, we feel a real pleasure following all the events that decorate Lila and Elena’s lives.  Otherwise, the city of Naples is describes in a dark way, as well as being a boiling city where we are never short of surprises!

My brilliant friend is the first novel of the saga by Elena Ferrante, visible in all book shops. Run and by it or read it in a library! The second volume is entitled The Story of A  New Name and the last one has for title Those who live and Those who Stay. Elena Ferrante makes us dive with subtlety in the intimacy of a neigbourhood, of the characters, what makes us attached to protagonists and their evolution.