Débat autour du film Avant Toi (2016) Debate around the film Me Before You (2016)

Avant toi. L’histoire de Will Traynor un jeune businessman qui a tout pour lui. L’argent, la beauté, l’assurance, l’amour. A l’âge de vingt-neuf ans, sa vie bascule à cause d’un tragique accident de voiture qui le rend quadriplégique. Il est atteint des quatre membres et ne sent pas le contact physique d’autrui. Il peut seulement bouger un peu la tête et les doigts. Ce changement de vie radical le rend aigri et irritable. Il est hanté par le souvenir de sa vie antérieure.

Deux ans plus tard, la ravissante Louisa Clarke entre dans sa vie. Elle est embauchée par les parents de Will Traynor en tant qu’auxiliaire de vie. C’est une jeune fille guillerette, volubile et dévouée. Au début du film, le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas le grand amour entre les deux personnages. En effet, leur personnalités sont vraiment aux antipodes. Louisa se montre à la disposition de Will et fait de son mieux pour lui arranger le quotidien tandis que ce dernier trouve la moindre excuse pour la rabaisser. Parfois, on dit que le temps fait bien les choses et c’est vrai! Will et Louisa apprennent à s’apprivoiser et à s’aimer. Louisa qui est vraiment amoureuse fait tout pour « redonner vie » à Will qui a pourtant fait un choix irrévocable…

Je vous propose aujourd’hui un débat. POUR et/ou CONTRE. Personnellement c’est un film que j’ai trouvé très beau, très émouvant, sensible et très humain. Mais je connais aussi des gens qui n’ont pas approuvé la façon d’aborder le handicap dans le film. En tous cas, voici mon vote! :

POUR : L’amour entre les deux personnages se construit graduellement. L’entremetteur dans l’affaire, c’est l’entraide. Oui! C’est parce-que Will est dépendant qu’il sollicite Louisa et c’est cela qui les rapproche. De même, il y a les discussions qui font que chaque personnage s’ouvre à l’autre. Will évoque ses souffrances pendant que Louisa lui fait penser à autre chose grâce à son sens de l’humour et il encourage Louisa à vivre, à se dépasser. Ce n’est pas une comédie romantique vachement cucu « je t’aime! oh! mais moi aussi… (yeux humides) Si on parle de handicap, il faut parler sérieusement et c’est ce que j’ai aimé dans ce film. Dans Intouchables (2011) j’avais franchement rigolé, mais j’avais également trouvé que l’excès d’humour masquait le problème de fond. Dans Avant toi, le handicap est vu dans toute sa complexité. Les parents de Will jouent aussi un rôle essentiel. Moi qui suit IMC (infirme moteur cérébral) de naissance en fauteuil roulant, j’ai senti que je revivais mon vécu. Toutes les questions, tous les doutes. Peut-on réellement s’accepter? Connaître l’amour ne semble-t-il pas difficile quand le poids handicap paraît trop lourd? J’ai aussi aimé ce film car il n’est pas dans le pathos (Tout sauf ça, pitié!) L’humour est bien présent. Le troisième degré fait du bien! Enfin, on nous montre que l’amour peut-être possible malgré de nombreuses difficultés. Ça me touche. Les personnages sont tous attachants : Louisa, Will, la famille de Louisa, Patrick le petit ami de Louisa, attendrissant bien que ridicule, Nathan le kiné, les parents de Will.

CONTRE : J’ai entendu des gens qui n’ont pas aimé ce film. Voici leurs arguments:

Un handicapé riche… C’est bien beau mais ce n’est pas le cas de tout le monde. C’est vrai que Will et ses parents gèrent parfaitement la situation. Pourtant dans la vie de tout les jours, il y a beaucoup de problématiques à assumer : Aides, paperasses… Will a une auxiliaire de vie 24h/24 et ce n’est pas toujours le cas.

Une personne gravement atteinte et malade en plus ne trouve pas d’autre choix que de demander le droit à mourir. Qu’est-ce que c’est ça? Ne doit-on pas se battre? C’est facile d’avoir recours au pire. Mourir c’est renoncer. Et sa relation avec Louisa? Ce n’est qu’un comportement égoïste. Elle qui fait tout pour lui redonner envie de vivre, différemment certes, mais avec elle.

Ce sont des arguments qui se valent, je les comprend. Mais je me suis plus attachée à l’aspect humain et sensible du film. J’ai trouvé beau de voir les personnages évoluer dans le bon sens du terme.

Je vous propose de regarder ce film quand vous le pourrez. Vos commentaires successifs formeront le débat. A vous! Et bon film!

Un film de Thea Sharrock avec Emilia Clarke et Sam Claflin.

Adaptation cinématographique du livre Avant Toi de Jojo Moyes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Cercle des Poètes Disparus – Dead Poets Society (1989)

1959. Neil Perry, Knox OverStreet, Charlie Dalton, Todd Anderson et les autres intègrent la prestigieuse école de Welton, l’une des plus reconnues en Amérique. En son sein, la perfection est de mise. Il faut être excellent, discipliné et stricte. Malgré cela, les jeunes hommes ont la chance de connaître John Keating, un professeur de littérature. Cet homme enjoué, anticonformiste donne à ses élèves un grain de folie qui égaye l’ambiance des cours. La littérature, le théâtre sont deux domaines merveilleux selon le professeur et il parvient à passionner les jeunes garçons. Un jour, il leur fait connaître Le Cercle des Poètes Disparus.

Neil Perry est le personnage principal du film. Il est passionné de théâtre, sensible et fragile. Être dans l’école de Welton lui donne un élan de liberté, loin de son père, infiniment sévère.

Todd Anderson partage la chambre de Neil. C’est un garçon raisonnable, timide et réservé.

Knox OverStreet tombe follement amoureux d’une jeune fille.

Charlie Dalton est le leader du groupe. Il est passionné et engagé contre l’injustice.

Richard Cameron est très discipliné, jusqu’à être fayot. (Eh oui, on a tous connu un!!!)

Ce film est sans doute mon préféré. Je n’ai jamais autant pleuré que devant Le Cercle des Poètes Disparus. Pleurer tant ce film est émouvant, triste, fort, humain. Robin Williams (RIP grand maître!) qui interprète le rôle de Mr Keating est exceptionnel. La passion des arts émane de lui et elle bouleverse la vie des étudiants qui goûtent à la beauté et à la folie de la vie. L’atmosphère est bonne-enfant entre le groupe d’amis et on prend plaisir à les suivre dans leur quotidien. Le professeur devient complice avec ses élèves. L’intrigue se concentre sur le personnage de Neil Perry qui se trouve tiraillé entre sa passion pour le théâtre et l’avis de son père qui souhaite plus que tout le devoir devenir brillant médecin. Dans ce film, on assiste à toutes les questions qui occupent l’esprit des adolescents : l’accomplissement de ses rêves face à l’avis des parents, le combat face à une trop grande timidité, affronter le regard des autres, l’amour, assumer d’être rebelle. Un film qui offre énormément humainement où rires et larmes s’entremêlent. 

Un film de Peter Weir.

Avec : Robin Williams, Robert Sean Leonard, Ethan Hawke, Gale Hansen, Josh Charles…

Scene in English : 

Thérèse Raquin, Emile Zola (1867)

Thérèse Raquin est une femme de la campagne. A l’âge de 21 ans, elle épouse Camille, fils de sa tante. Ensemble, ils décident de s’installer à Paris car Thérèse a besoin de connaître la ville. Elle pense trouver son bonheur, mais rien ne se passe comme elle l’avait prévu. Elle est seule à travailler dans une mercerie près du Pont Neuf pendant que Camille est en province en exercice pour une société de chemins de fer. Quand ils se retrouvent, ils n’éprouvent même pas de plaisir à se revoir et leurs soirées sont occupées par la visite de connaissances communes : le vieux Michaud, un commissaire de police retraité et ami de Mme Raquin, son fils Olivier, aussi policier, sa femme Suzanne et Grivet, un employé des chemins de fer d’Orléans que Camille a connu au travail. Thérèse s’ennuie terriblement. C’est une femme d’ordinaire assez nonchalante. Pourtant, elle change quand elle rencontre Laurent, un collègue de Camille. Celui-ci et un homme bavard, à l’aise à la sensibilité artistique et Thérèse est admirative, fascinée. Thérèse et Laurent vont se charmer, se séduire, jusqu’à vouloir commettre un meurtre…

Un livre culte écrit par le grandiose Emile Zola que j’ai lu il y a plus de dix ans. Je dois vous avouer qu’en le fermant, j’ai réfléchi en silence, choquée. J’ai eu la boule au ventre pendant une semaine. L’ambiance de ce livre est totalement fantomatique ! La passion est parfois destructrice. Dans ce roman, l’idée de mort et très présente, elle est pesante. Elle se ressent à travers le personnage de Laurent qui a l’idée de tuer. Thérèse qui est passionnément amoureuse boit les belles paroles de son amant. Elle imagine qu’ils vivront infiniment heureux. Malheureusement, les ennuis ne s’effacent pas. Au contraire, ils se renforcent. Les amants follement amoureux se retrouvent hantés par la mort. Ils ne se supportent plus, les disputes deviennent quotidiennes, ils ne peuvent accepter le moindre contact physique. La vie est en lambeaux quand on a une mort sur la conscience. L’atmosphère est d’une lourdeur sans pareil et on le ressent très bien. On ne voit que du noir et une relation sans issue. 

Bonne lecture !
Plus d’infos : Zola, naturalisme

For English speakers : https://www.gutenberg.org/files/6626/6626-h/6626-h.htm

Therese Raquin is a country girl. At the age of 21, she gets married with Camille, the son of her aunt. Together, they decide to settle in Paris because Therese needs to know the city. She thinks she will find happiness, but nothing happens the way she expected it. She is alone working in a haberdashery near the Pont Neuf while Camille is in the provinces working for a railway company. When they meet again, they do not even feel pleasure seeing each other again and their nights are busy with the visits of common acquaintances : the old Michaud, a retired constable and friend of Mrs Raquin, his son Oliver, also constable, his wife Sunzanne and Grivet, a railway employee of Orleans that Camille knew at work. Therese gets terribly bored. She usually is rather apathetic. However, she changes when she meets Laurent, a colleague of Camille. The latter is a chatty man, at ease with an artistic sensitivity and Therese is impressed, fascinated. Therese and Laurent are going to charm each other, seduce each other, until they want to commit a murder.

A cult book written by the great Emile Zola that I read more than ten years ago. I must confess you that closing it, I was thinking silently, shocked. I had a bundle in the belly for a week. The atmosphere of this book is so ghostly! Passion is sometimes destructive. In this novel, the idea of death is very present, it is heavy. She comes out through Laurent’s character who has the idea to kill. Therese who is passionnately in love hangs on her lover’s every word. She imagines they will live a happy ever after. Unfortunately troubles do not erase. Quite the reverse, they grow. The crazy in love lovers turn out to be haunted by death. They cannot stand each other again, arguments become daily, they cannot accept the least physical contact. Life is in pieces when we have a death on consciousness. The atmosphere is of an unparalleled heaviness and we can feel it very well. We just can see a black ambiance and a dead-end relationship.

Have a good reading!

More infos : Zola, naturalism

 

Les Noces Rebelles – Revolutionary Road (2008)

 

On se souvient tous de ce film tellement romantique entre Rose et Jack! Franchement qui n’a pas pleuré ? C’était Titanic en 1997. 11 ans plus tard, on retrouve le couple mythique, amis dans la vie, dans un registre totalement différent dans le film Les Noces Rebelles. Film réalisé par Sam Mendes, mari de Kate Winslet à l’époque. Fini le couple idéal qui fait rêver le plus grand nombre! Cette fois, les deux acteurs interprètent le rôle de Frank et April Wheeler, deux américains qui croient incarner le couple idéal, aux ambitions folles. Pourtant, ils découvrent rapidement qu’ils ne seront jamais le couple qu’ils avaient tant imaginé. Dans une Amérique des années 50 où le pays vit des mutations sociales, le couple rencontre des difficultés. April est une femme au foyer qui reste à longueur de journée dans sa banlieue monotone du Massachussetts et Frank se fatigue à faire la navette entre le travail et son domicile pour exercer un travail qu’il n’affectionne guère. La jeune femme rêve d’une autre vie.

Sam Mendes a sous la main un casting parfait. Kate Winslet et Leonardo DiCaprio incarnent un couple amoureux dérangé par les mésententes et les contradictions. Quel est la meilleure solution, accepter de vivre loin l’un de l’autre en ne partageant presque plus rien ou vivre à une vie meilleure qui se promet d’être incertaine ? Un film social qui met en scène la décadence d’un couple en pleine désillusion qui représente le fake American dream. Kate Winslet et Leonardo Dicaprio jouent leurs rôles avec passion.

 

Les Cerfs-Volants de Kaboul – The Kite Runner, Khaled Hosseini

A Gwendoline

1970. Kaboul, Afghanistan. Hassan et Amir sont deux amis que rien ne peut séparer. Infiniment liés, ils partagent tout : les secrets, les joies, les peines. Ensemble, ils ont l’habitude de participer à des compétitions de cerfs-volants. Amir et Hassan ont deux personnalités différentes : Amir est dominant, sûr de lui, rebelle, tandis qu’Hassan est réservé et timide. A Kaboul, il fait bon vivre et les deux enfants vivent une enfance tranquille, même si bien sûr quelques rivalités sont visibles avec d’autres personnages. Hassan est victime d’une tragédie qui force les deux amis à s’éloigner.
1980. Les talibans surgissent à Kaboul. S’en suivent alors des perturbations politiques, une remise en question du régime actuel. La sévérité des islamistes décide Amir et sa famille à fuir le pays pour les États-Unis. Amir s’habitue à sa nouvelle vie. Ce pays fait écho à la modernité, cependant le facteur culturel reste non négligeable.
2000. Amir est contraint de retourner en Afghanistan à la demande d’un ami de son père qui est souffrant. Son voyage le ramène à ses racines et au souvenir d’Hassan.

Khaled Hosseini nous livre dans Les Cerfs-volants de Kaboul une splendide histoire d’amitié entre deux garçons. Autour de cela, on prend connaissance du contexte politique qui bouleverse l’Afghanistan, expliqué avec finesse. Les Cerfs-volants symbolisent l’amitié et l’insouciance qui règnent dans le cœur des deux garçons. Ce livre est beau, sensible, émouvant et fort.

Ce roman a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2007.