Julia Roberts, une actrice qu’on aime

Interview de Madame Figaro :

Elle règne encore et toujours sur Hollywood, mais s’offre le luxe de se faire rare, cultivant son pouvoir d’attraction. Son prochain film, Wonder, est attendu en 2017. Rencontre avec une superstar reine du cool.

C’est d’abord une voix, claire, précise, à la fois cristalline, impérieuse et rassurante. C’est ensuite un débit, régulier, calme, ordonné. C’est enfin une pensée fluide et rigoureuse. Julia Roberts est une Américaine pragmatique, elle va droit au but et ne se perd pas dans un discours ampoulé. Elle est franche, directe, décidée, et ne se prend pas pour la légende vivante qu’elle est pourtant. « Ne m’embaumez pas trop vite », soupire-t-elle, amusée.

Native d’Atlanta, en Georgie, fille de ce Sud où les femmes ont la réputation d’être armées d’une volonté de fer, elle voulait être comédienne. Julia Roberts a assez peu connu les galères des débutantes. Une raison à cela ? Elle est unique. La chance est venue très vite : Garry Marshall lui offre le rôle de Vivian, la prostituée de conte de fées de Pretty Woman (1990), qui en fait instantanément une star absolue. Suprême même. Vingt-six ans plus tard, elle reste l’une des dix actrices les mieux payées de Hollywood. Longtemps, sa tête a été mise à prix par les marques de luxe. C’est Lancôme qui a remporté la mise : elle est l’égérie capiteuse du parfum La vie est belle.

Une star qui se fait aussi discrète que possible

Julia Roberts, la reine du cool

« Entre deux films, j’ai besoin de temps pour lire, me promener, pour appartenir à la vie réelle… »

Photo Alexi Lubomirski pour Lancôme

Elle poursuit sa carrière, à son rythme, et n’a nullement l’intention de passer à la réalisation comme beaucoup de ses collègues à la recherche d’une autre vie. « Je connais mes limites : j’ai assez peu de patience et je ne sais prendre qu’une décision par jour », explique-t-elle en riant. Bref, cette femme structurée et déterminée donne le sentiment d’être un roc qui sait qui elle est et ce qu’elle veut, tout en s’offrant le luxe inouï de la rareté. On la suivrait au bout du monde à grandes enjambées (la légende la crédite d’un bon mètre de jambes), aimantée par le sourire extra-large le plus célébré de Hollywood, sa signature.

La star, devenue indispensable, se fait pourtant aussi discrète que possible. Il y a au moins vingt ans qu’elle a déserté les gazettes people. Un film par an. « Pas plus », pour être le plus souvent possible auprès de sa famille, qu’elle couve en mère louve. Exceptionnellement, deux films sont sortis en mai dernier à une semaine d’écart, Joyeuses Fêtes des Mères (1), réalisé par Garry Marshall, et Money Monster (2), de Jodie Foster (présenté au Festival de Cannes). On l’attend l’année prochaine dans Wonder, de Stephen Chbosky. Entretien.

Madame Figaro. – Depuis vos vrais débuts dans Mystic Pizza (1988), vous n’avez guère tourné qu’un film par an. Pourquoi ?

Julia Roberts. -J’aurais pu en tourner davantage, mais j’ai le privilège d’avoir une vie de famille, et c’est mon bonheur de m’occuper des miens. De plus, entre deux films, j’ai besoin d’avoir du temps pour lire, écouter de la musique, aller me promener, appartenir à la vie réelle. J’ai besoin de calme et de sérénité. C’est ma manière à moi de développer ma créativité et de me régénérer. Il me serait impossible de tourner des films à la chaîne.

Vous avez aussi une responsabilité à l’égard de votre public, qui attend chacune de vos apparitions avec impatience…

C’est une manière de prendre mon travail très au sérieux et de le respecter, que de prendre le temps de m’arrêter pour souffler. J’ai besoin de ces moments de retrait et de repos avec ma famille pour me rassembler. Je crois que ma capacité à créer un personnage est proportionnelle au temps passé à me ressourcer.

Comment choisissez-vous vos films ?

Je ne dirais pas que je les choisis. Dans l’idée de choix, il y a celle de rationalité. Choisir, c’est réfléchir, calculer, faire un pari sur l’avenir, penser en termes d’avancement de carrière. La raison n’est pas mon genre. Mon moteur, c’est plutôt l’instinct. Il me trahit rarement. Je suis une impulsive. Heureusement, car il y a des films que je n’aurais sans doute jamais tournés.

Lesquels par exemple ?

Pretty Woman avec Richard Gere… Mais enfin, jouer le rôle d’une call-girl qui descend dans la rue aurait pu me dissuader de le faire, d’autant que j’avais peur, à l’époque, de choquer ma mère. Et ce film a été un succès retentissant…

Julia Roberts, la reine du cool

Divine icône, Julia Roberts, ambassadrice Lancôme, est mise en beauté avec Absolu l’Extrait, Élixir de Régénération Ultime, Teint Idole Ultra 03 et Belle de Teint 03. Mascara Hypnôse et Rouge à Lèvres Absolu Rouge la Base.

 

Pour vous, quel est le plus important : le personnage que vous incarnez, le metteur en scène qui vous dirige, les acteurs qui vous donnent la réplique ?

Le metteur en scène. Mon travail est d’abord un travail d’interprétation. Je ne suis qu’une comédienne. Si un metteur en scène exprime le désir de m’engager sur un projet, c’est qu’il a déjà imaginé que je puisse être une bonne interprète. Jamais il ne me viendrait à l’idée d’en appeler un et de lui demander de construire une histoire autour de moi. Cela m’est pourtant arrivé une fois, pour Wonder, de Stephen Chbosky, mon prochain film tiré du roman de Steve Conrad. J’ai d’abord lu ce livre avant de l’offrir à mes enfants, et j’ai été tellement emportée par le sujet que j’ai pensé que s’il était adapté au cinéma, j’aimerais absolument en être. C’est l’histoire de la rentrée des classes d’un petit garçon au visage difforme, du regard que ses camarades et ses professeurs portent sur l’enfant. C’est une très belle histoire sur l’empathie et la différence.

Aimez-vous tourner des films à messages ?

Je préfère que les films ne soient pas trop premier degré, afin que les spectateurs puissent s’approprier l’histoire comme ils l’entendent. C’est bien aussi qu’un film puisse être juste reçu comme un simple divertissement et regardé comme une belle histoire. Mais il est vrai que, par exemple, Erin Brockovich était un film engagé, la bataille d’une femme contre une grosse compagnie d’électricité qui pollue l’eau de la rivière et empoisonne les habitants. J’aimais l’histoire, mais mon désir de travailler avec le réalisateur Steven Soderbergh, qui avait décroché l’oscar du Meilleur Réalisateur pour Traffic, a été déterminant. L’Affaire Pélican, quant à lui, menait mon personnage dans les milieux de la justice américaine pas toujours très clairs. Au-delà du scénario, il m’était impossible de ne pas travailler avec Alan J. Pakula, le réalisateur de Klute, des Hommes du président et du Choix de Sophie. Concernant Money Monster, le sujet du film – une critique des excès du capitalisme – m’a bien évidemment séduite dès le départ. Mais j’ai surtout accepté parce que Jodie Foster, que j’admire, en était la réalisatrice et que j’avais pour partenaire George Clooney, mon ami, mon frère, mon producteur.

 

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