Extrait 2 : Livre ouvert d’une jeune femme à roulettes

Extrait 2 :

(…) Quand les stagiaires que j’avais apprécié finissaient leur stage, il m’arrivait de verser des larmes. Ils avaient illuminé mes semaines, changé mon quotidien et je ne pouvais m’imaginer leur départ. Certaines stagiaires apportaient des boissons, d’autres apportaient des gâteaux, tellement succulents ! Une grosse bise à chacun, leur souhaitant bonne continuation, avec une petite adresse mal en supplément. Ils remerciaient chaleureusement leur kiné référent. Une grande reconnaissance était apparente dans leur regard.
J’étais de mon côté convaincue que je leur avais ouvert les yeux sur le handicap. Nous, personnes handicapées, avons un handicap mais ce n’est pas cela qui définit toute notre personne. Je ne leur avais jamais dit ça, mais rencontrer des stagiaires masculins m’a conforté dans l’idée que je ne serai jamais avec un handicapé, physique du moins. Quand ils me mobilisaient les bras et les jambes, je prenais conscience de certaines limites physiques. Ça peut sembler discriminatoire mais ce n’est pas mon but. C’est juste pratique. Je sais, dans ce cas on me croit également discriminante puisque mon regard ne s’est fixé sur un jeune homme portant un handicap excepté Mathias avec lequel j’avais toujours vécu une relation très particulière. Une espèce « d’amour amical inconditionnel, fort ». Pour compenser, il faudrait bien un homme musclé qui se prenne pour mon sauveur!!! Si je m’imagine deux secondes avec un handicapé, je me dis qu’on finira forcément coincés physiquement, je m’imagine dans le lit en train de le regarder et de lui dire, le regard à la fois coquin et embarrassé :
– Euh ouais, on fait quoi maintenant ? (…)

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Projet de livre – Livre ouvert d’une jeune femme à roulettes

Coucou les amis! J’espère que vous allez bien! Désolée pour le silence radio de ces dernières semaines. Comme certains d’entre vous le savent déjà, j’écris un roman autobiographique, sur ma vie, sur la question du handicap. Comment vivre normalement et s’éclater malgré les difficultés.

Voici mon résumé :

« Mon ressenti en profondeur. Aucun tabou. Mes joies, mes douleurs, mes doutes. L’histoire de Shirine NHIRI, mon double, celle qui me représente ».

Cyrine KHADRI

 

Shirine NHIRI est atteinte d’infirmité motrice cérébrale (IMC) depuis sa naissance. Elle est en fauteuil roulant et n’a pas l’usage de son bras droit. Avoir un handicap n’est pas facile. Elle surmonte les épreuves, le regard des autres, les discours négatifs, les problèmes de santé, la peur de ne pas être aimée. Pourtant, Shirine décide de se battre pour vivre, tout simplement. Rire aux éclats, faire des rencontres, tomber amoureuse, se cultiver, voyager. Combattre les clichés sur le handicap pour prouver que nous sommes tous égaux, malgré nos différences.

J‘ai prévu de publier quatre extraits, pour vous donner envie de le lire!

Tout les mercredis, chaque extrait sera disponible.

Ce livre est encore en cours de préparation avant de m’adresser à un éditeur.

Voici l’extrait 1 :

(…) La Petite Sirène est une jeune sirène de seize ans, Ariel, qui tombe amoureuse du Prince Éric, un humain. Elle est prête à tout pour le voir et nouer une relation. Un jour, pour se venger du comportement répressif de son père, elle se rend chez Ursula, la sorcière des Mers qui lui propose un échange : des jambes contre sa voix. Ce moment du scénario m’avait marqué puisque je rêvais d’avoir des jambes. La représentation de mon fantasme, de mon désir le plus fou était évoquée dans ce dessin animé. Les dessins animés sont faits pour ça, pour nous faire rêver, pour rendre l’impossible possible. Je voulais être comme la Petite Sirène, éprise de liberté, rebelle qui voulait vivre autrement, vivre à fond. Pour Ariel comme pour moi, avoir des jambes était élémentaire, un souhait, un besoin affreusement vital. Ariel et moi, on était des copines. Sa volonté, sa détermination me faisaient rêver, j’étais admirative de cette beauté rousse aux yeux bleus. Elle avait du caractère, comme moi. La Petite Sirène me permettait de m’évader.
Aladdin est comme la Petite Sirène, un personnage qui rêve à des jours meilleurs. Mendiant dans une ville orientale, il rêve de confort avec son plus grand compagnon, Abu. Lorsqu’il rencontre Jafar dans la prison de la ville, ce dernier le conduit dans la Caverne aux Merveilles afin qu’il s’empare de la Lampe Magique pour la lui retourner. Dans la caverne, remplie de merveilles et de richesses, un tapis volant vient à sa rencontre. Ils deviennent des amis inséparables. Le tapis devient le meilleur allié d’Aladdin lors de sa promenade nocturne avec la belle princesse Jasmine dont il est amoureux. Le tapis me fascinait, je voulais me l’approprier à tout prix. M’enfuir dans l’infini et ne plus jamais revenir, être dans les nuages. 
(…)

Vos réactions sont les bienvenues! Partagez, parlez de ce projet autour de vous!

A mercredi prochain, bisous à tous!

Autour de ton cou – A thing around your neck – Chimamanda Ngozi Adichie

Encore de la littérature Africaine!

L’Amérique, le Nigéria. Deux pays lointains. Le recueil de nouvelles Autour de ton cou de Chimamanda Ngozi Adichie met en scène des histoires de Nigérians attachés à leur terre natale ainsi que des expatriés partis vivre en Amérique. Comment se sent-on lorsque l’on vit dans un autre pays ? Comment supporter le fait d’être toujours considéré comme « différent » ? Demander des visas, apprendre que son mari a une autre compagne au Nigéria, vivre dans la peur d’être expulsé… Des nouvelles qui questionnent le terme « identité », l’importance du pays natal, les coutumes. Chimamanda Ngozi Adichie nous présente des personnages qui sont dans l’attente d’un monde meilleur, leur situation sociale nous touche.

Le quatrième livre de cette auteure que j’ai lu ! J’aime cette femme et je trouve son propos d’une grande intelligence. A travers ses romans et nouvelles, on observe une grande dimension sociale. Les personnages sont attachants et font souvent face à des problèmes sociaux.

African literature again!

America, Nigeria. Two far away countries. The collection of short stories A thing around your Neck by Chimamanda Ngozi Adichie stages stories of Nigerians attached to their native land as well as expatriates gone to live in America. How do we feel when we live in another country? How can we bear the fact of always being regarded as “different”? Asking for visas, hearing that her husband has another partner in Nigeria, living in the fear of being expulsed… Short-stories that put into question the term “identity” the importance of the native land, customs. Chimamanda Ngozi Adichie introduces to us characters waiting for a better world, their social situation touches us.

The fourth book of this author that I read! I love this woman and I think her words very clever. Throughout her novels and short stories, we observe a great social dimension. The characters are endearing and often face social problems.

L’Iranienne – Maurice BIGIO

Shirine. Une iranienne convertie à l’Islam qui se bat pour son enfant Shantia, atteint d’une maladie musculaire. Son mari est préoccupé par des sujets contre lesquels elle se bat : le nucléaire, la rigidité des Mollah, l’homophobie. 

Shirine devient l’amie d’une journaliste Européenne mais son mari lui défend d’entretenir des relations avec elle. C’est un homme anti-occidental qui croit en la suprématie de son régime. Selon lui, les Occidentaux ne sont pas fréquentables. Shirine critique ouvertement ses positions. Elle croit en un avenir concernant le conflit Israélo-Palestinien. Son enfant Shantia est malade et son mari refuse de le maintenir dans le système scolaire tandis que Shirine en fait son principal combat. Selon elle, la socialisation demeure essentielle. Son mari, très rétrograde, ne croit pas aux vertus de la médecine et ne fait que de prier les Mollah. Shirine s’insurge contre cela. L’amour qu’elle ressentait pour son mari s’estompe, puis s’efface à la suite de de disputes. Par ailleurs, Shirine devient le symbole de la défense des homosexuels et des écrivains que l’on réprime. Elle devient l’avocate d’un des écrivains les plus connus d’Iran. L’héroïne sait qu’elle court un risque, mais la lutte pour le maintient de la liberté est sa raison de vivre.

Un livre intéressant et facile à lire qui place une femme au centre de l’attention dans une des sociétés les plus patriarcale du monde. Une femme déterminée, combative, dévouée. Un message d’espoir et de lutte face au maintient de la République Islamique mise en place en 1979 par Khomeyni.  Maurice BIGIO qui s’intéresse au Proche-Orient, signe son premier roman. 

L’empire du mensonge – Aminata Sow Fall

Au Sénégal, trois familles partagent une cour. Elles partagent la vie, les moments forts, la chaleur humaine. Pourtant, ils sont pauvres. Les parents de Sada, personnage principal sont obligés de s’installer en ville pour échapper à la sécheresse. Ils vivent d’abord dans un quartier très modeste dans lequel il n’y a ni eau ni électricité, avant d’habiter dans une cabane. Sada comprend grâce à son entourage que l’éducation est très importante pour ne pas être assimilé à un pauvre qui le restera. Des années plus tard, il réussit ses études et son ami d’enfance Mignane Sonko devient écrivain, un autre ami, Boly a également brillamment mené sa vie.

Un roman qui dénonce la corruption présente dans le pays, qui défend le désir de s’en sortir. Une ambiance bonne enfant, des chants, du bonheur.

Je connaissais pas du tout cette auteure, je suis tombée sur son roman par hasard en librairie et peut-être que mon retour du Sénégal m’a influencé. Un pays ou la grande pauvreté est très visible mais où les gens sont adorables et arrivent à être heureux.

Roman intéressant que je vous recommande !  

Sorry, this book has not been translated.

Loin de la Foule Déchaînée, Far from the Madding Crowd (1876)

Thomas Hardy est né le 2 juin 1840 et est décédé le 11 janvier 1928. Il grandit à Higherbockhampton dans le Dorset, il est le fils aîné d’un tailleur de pierre. Malade dès son jeune âge, il fait son éducation à la maison jusqu’à l’âge de seize ans. Il débute ensuite un apprentissage, et s’oriente vers l’architecture en vue d’une carrière. Il commence à écrire de la poésie en 1860 mais ne publia son premier roman qu’en 1971. Il épouse Emma Lavinia Gifford en 1874.

Ce n’est qu’après la publication de Loin de la Foule Déchaînée, le quatrième roman de Hardy, qu’il a s’est est devenu populaire en tant qu’écrivain, ce qui l’a fait abandonner l’architecture. Le livre est publié par séries en 1874, dans le Corn Hill Magazine, un journal édité par Leslie Stephens, le père de Virginia Woolf. Le nouvel est publié en sections courtes, et quand on les lit, on peut voir qu’elles laissent intentionnellement le lecteur en suspense ; c’était un moyen de motiver les lecteurs à acheter le magazine à la prochaine sortie. Des critiques littéraires ont comparé l’écriture de Hardy à celle de George Eliott et l’ont reconnu comme étant l’une des nouvelles voix importantes de la littérature Anglaise.

Hardy continue d’écrire des romans à un rythme extraordinaire pendant plus de vingt ans, écrivant un roman tous les un ou deux ans. Ses romans les plus connus pendant ses années incluent Le Retour au Pays Natal, Tess de D’Ubervilles et le Maire de CasterBridge. Après que son roman Jude l’Obscure ait fait scabdale en 1895, Hardy  arrête d’écrire des romans et s’est consacré à la poésie (pendant plus de trente ans) pour le restant de ses jours. Il devient veuf en 1912 et épouse Florence Dugdale en 1914.

Hardy est un lecteur attaché à la philosophie, aux textes scientifiques, à la Bible, à la littérature Grecque, et a intégré ses connaissances dans ces travaux. Charles Darwin est l’un de ses plus grands influenceurs. Même si Thomas Hardy est amené à ne pas croire en Dieu, il n’a pas pu s’empêcher de perdre cette croyance, durement ressentie par nombreux de ses contemporains ; il s’est de plus en plus tourné vers la science pour avoir des réponses sur la place de l’Homme dans l’univers.

Un des sujets qui a le plus interrogé Hardy dans toute son écriture est le problème de la modernité qui est rapidement devenue de plus en plus industrielle. L’un de ses projets en tant qu’écrivain a été de créer un point de vue sur la vie du Dorsetshire en plein changement. Il a été particulièrement intéressé par les rites et les histoires de cette partie de l’Angleterre tout comme le dialecte de ses locaux. Loin de la Foule Déchaînée suggère la vie loin de la ville, gouvernement modernisé, les foules et l’industrie. Hardy tente de dessiner le portrait de ce qu’il a vu d’un style de vie émergeant pour créer un aperçu pour les générations futures.

L’histoire de Loin de la Foule Déchaînée se résume à un trio amoureux. Trois hommes amoureux de la même femme. Dans la beauté de la campagne anglaise, Bathsheba Everdene hérite de la ferme de son oncle après son décès. Elle devient riche et dirige les différents ouvriers de la ferme. Bathsheba est une femme déterminée, indépendante et sûre d’elle. Le premier qui lui avoue son amour est Gabriel Oak, le berger, homme sensible, serviable et sérieux dans son travail et raisonnable. Le second est Mr Boldwood, un homme qui s’éprend d’elle au premier regard sur la place du marché. C’est un homme riche qui lui promet amour et confort. Le dernier se nomme Sergent Troy, un officier de la marine. Pour ces derniers, l’amour développé se trouve dans le visible, le regard. Au contraire, l’amour que porte Gabriel est inscrit dans le temps, son attachement pour la jeune femme devient plus fort de jour en jour.

Le personnage de Bathsheba Everdene représente l’émancipation féminine. Elle est très indépendante pour son époque et compte le rester. C’est elle qui dirige sa ferme, les fermiers sont à ses ordres. Elle compte se marier par amour et non pas par intérêt financier. Même si son attitude est romantique, on se demande parfois si Bathsheba ne joue pas avec les sentiments de ses prétendants.

Gabriel Oak est symbole d’honnêteté, de sensibilité et de gentillesse. Il avertit Bathsheba des comportements peu recommandables de ses deux autres prétendants. Gabriel est un personnage attachant.

Mr Boldwood est un homme passionné qui peut parfois se montrer violent lorsque ses émotions l’emportent.

Le Sergent Troy est un homme séducteur et manipulateur. Bathseba boit ses paroles, tombe immédiatement sous son charme. Elle perd son indépendance face à son autorité.

Entre romantisme et tragédie, le roman de Thomas Hardy nous dévoile une belle histoire prenant place dans l’Angleterre Victorienne.

De nombreuses adaptations cinématographiques ont été réalisées. La dernière date de 2015 avec Carey Mullingan et Matthias Shonaerts.

Thomas Hardy lived from June 2, 1840, to January 11, 1928. He grew up in Higherbockhampton, Dorset, the eldest son of a stonemason. He had one brother and two sisters. Sickly from an early age, he was educated at home until he was sixteen. He then began an apprenticeship, and then a career, as an architect. He started writing poetry in the 1860s but did not publish his first novel until 1871. He married Emma Lavinia Gifford in 1874.

Hardy went on to write novels at an extraordinary rate for more than 20 years, writing one every one or two years. His most famous novels written during these years include The Return of the Native,Tess of the D’Urbervilles, and The Mayor of Casterbridge. After the publication of Jude the Obscure caused a major scandal in 1895, Hardy stopped writing novels and devoted the rest of his life (more than 30 years) to poetry. His last great project was an epic poem titled « The Dynasts, » a versed chronicle of the Napoleonic Wars. After some time in London he built himself a house in his native Dorsetshire and lived there for the rest of his life. He was widowed in 1912 and married Florence Dugdale in 1914.

Hardy was a devoted reader of philosophy, scientific texts, the Bible, and Greek literature, and he incorporated much of his knowledge into his own works. One of the most profound influences on his thinking was Charles Darwin, particularly Darwin’s emphasis on chance and luck in evolution. Though brought up to believe in God, Hardy struggled with a loss of faith suffered by many of his contemporaries; he increasingly turned to science for answers about man’s place in the universe.

One of Hardy’s central concerns in all of his writing was the problem of modernity in a society that was rapidly becoming more and more industrial. One of his projects as a writer was to create an account of life in the swiftly changing Dorsetshire as it had once been. He was particularly interested in the rituals and histories of that part of England, as well as the dialect of its locals. The title Far From the Madding Crowd suggests avoidance of the life of a city, modernized government, crowds and industry; in it, Hardy tries to fashion a portrait of what he saw as an endangered way of life and to create a snapshot for future generations.