James Joyce : Le portrait de l’artiste en jeune homme – A portrait of the artist as a young man

James Joyce (1882-1941) est né à Dublin dans une famille de onze enfants. Elevé dans le catholicisme, il entre en 1888 chez les jésuites au Clongowes Wood College pour y démarrer ses études. A son grand regret, il se voit contraint d’abandonner son cursus à cause de difficultés financières dans sa famille. Il découvre ensuite une passion pour la littérature et se décide à écrire. La littérature l’éloigne de la religion qu’il juge trop stricte. Cette distanciation avec la religion provoque de vives réactions dans sa famille, à l’époque où la foi est un concept important en Irlande. Pourtant, James Joyce reste fidèle à son opinion et s’évade grâce à la littérature et les langues. 

Le portrait de l’artiste en jeune homme traite justement de religion, de l’importance de cette dernière tout en évoquant ses conséquences sur l’être humain. Ce roman est d’inspiration autobiographique. 

Quel livre magnifique! Il met en scène la vie de Stephen Dedalus, un jeune enfant introverti, en retrait par rapport aux autres. A l’école primaire, il est le souffre douleur et est accusé d’avoir commis des actes alors qu’il est innocent. Il est replié sur lui même du fait de son éducation. Ce n’est pas un garçon qui s’intéresse aux filles et qui converse sur les sujets liés à son âge.

La religion pèse un poids considérable sur Stephen. Dans sa famille, la question du sexe est taboue. Même si Stephen est habitué à ne pas évoquer le sujet, il ne peut évidemment pas éviter d’y penser. Après tout, penser à la sexualité est un passage normal dans la vie des jeunes garçons et des jeunes filles. A l’école, il observe un jour le dessous des jupes des filles. On observe le personnage dans une binarité : d’un côté, il prend connaissance du fait de désirer et de l’autre, il est constamment dans la retenue. 

Adolescent, il fait l’amour avec une jeune fille avant de se rendre chez le prêtre. Stephen est habité par la culpabilité. Le prêtre s’explique avec « le pécheur » et le jeune homme expose son ressenti. Le prêtre tente ensuite de convaincre son interlocuteur de rejoindre l’ordre et Stephen est confronté à un dilemme. Il est à deux doigts de se laisser convaincre pour finalement s’éloigner de l’Eglise et se consacrer à ses domaines de prédilection : l’Art, les lettres et les langues.

Un roman d’apprentissage sur le rapport à la religion. C’est un roman incontournable! Le contexte historique est également important à une époque où les tentions entre l’Irlande et l’Angleterre sont un sujet d’actualité. L’Irlande est sous domination britannique depuis le 16ème siècle et l’animosité entre les deux nations était déjà visible depuis le fléau de la pomme de terre. En plus des divergences politiques, la différence de religion est un facteur essentiel. Les Catholiques comme James Joyce, étaient favorables à l’indépendance de l’Irlande, tandis que les Protestants souhaitaient rester rattachés à la Grande-Bretagne. A lire également :

Gens de Dublin, Ulysse

.James Joyce (1882-1941) was born in Dublin in a family with eleven children. Raised in catholicism, he joined the Jesuits in 1888 at Clongows Wood College to start his studies. With great regret, he realised he would be compelled to drop off his course because of financial difficulties in his family. Then, he discovered a passion for literature and decided himself to write. Literature drifted him away from religion that he judged as being too strict. This distance provoked lively reactions in his family, at the time when religion was an important concept in Ireland. Hovever, he stayed faithful to his opinion and escaped thanks to literature and languages. The portrait of the artist as a Young man actually deals with it’s importance as well as evoking its consequences on human beings. This novel is from an autobiographical inspiration. 

What a beautiful book! It stages the life of Stephen Dedalus, a young child, introverted in relation to others. In primary school, he is the punch bag and is accused for committing acts whereas he is innocent. He shuts himself away because of his education. He is not a boy who is interested in girls and who talks about subjects of his age. 

Religion carries a considerable weight on Stephen. In his family, the question of sex is taboo. Although Stephen is used not to evoke the subject, he obviously cannot help thinking of it. After all, thinking of sexuality is a normal part in young boys and girls’ lives. At school, he looks down the skirts of the girls. We observe the character in a binarity : on one side, he gets to know what it is to desire and on the other, he is constanly holding himself back.

Being a teenager, he makes love with a girl before he goes to see the priest. Stephen is inhabited by guilt. The priest explains himself with « the sinner » and the young man sets out what he feels.  The priest tries to convince his interlocutor to join the order et Stephen faces a dilemma. He is on the verge of getting convinced to finally drift apart from the Church and consecrate to his fields of predilection : Art, literature and languages.

A bildungsroman on the relation to religion. It’s a not to miss book! The historical context is also important at a time when the tensions between Ireland and England are a topical subject. Ireland was under British domination since the 16th century and the animosity between the two nations was already visible since the potato blight. In addition to political divergences, the different of religion is an essential factor. The Catholics, like James Joyce, were in favour of the independance of Irland, whereas the Protestants wished to remain connected to Great Britain.

Also to read : Dubliners, Ulysses

 

 

 

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